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Les 4 temps

Pour la plupart d’entre nous, la vie est rythmée de moments incontournables comme… se déplacer. Paris nous offre la possibilité de nous déplacer “facilement” tous les jours, de se rendre d’un point A à un point B, ce qui facilite la vie pour beaucoup. Pourtant ce privilège je le vis comme une appréhension chaque matin et chaque soir pour me rendre au boulot. Le matin est quand même plus difficile à vivre pour moi que le soir où mon point B peut très vite se transformer en un point C, D voir E.

Je m’explique : Je pars de chez moi tous les jours de la semaine (enfin presque) à 8h22 pour être sûre d’arriver sur le quai à 8h29, j’attends le train de 8h32 (qui lui n’est pas aussi ponctuel que moi) pour finir ma course à 9h13 et être à mon poste à 9h17. Ces 4 temps qui rythment ma vie deviennent de plus en plus étouffants, voir insoutenables certains jours. Je vois ces mêmes têtes tous les matins, ces 4 femmes qui essaient de refaire le monde et travaillent au même endroit, cette petite brunette qui s’assoit tous les jours au même endroit et se sent bouleversée quand quelqu’un occupe déjà sa place, ce gros macho au téléphone qui s’écoute parler et tous ces gens qui transpirent, puent, rotent, se frottent à vous et convoitent les places assises qui pourraient se libérer. On se croirait dans un grand jeu de chaises musicales mais quelles musiques? un mélange de Jonnhy, MJ ou autre artistes connus seulement de ceux qui les écoutent. Et dans toute cette cacophonie, je me sens oppressée, je me vois  insulter à voix haute…prête à tuer celui qui se trouve devant moi, sur les cotés, derrière moi et même celui du fond qu’on ne voit pas mais qu’on entend très fortement.

Mais ce matin, je suis partie à 8h37, je suis arrivée sur le quai à 8h44, j’ai pris le train de 8h47, j’ai fini ma course à 9h28 et pris mon poste à 9h32. J’ai toujours vu des gens qui transpirent, puent, rotent, se frottent à vous et convoitent les places assises qui pourraient se libérer mais j’étais heureuse, heureuse de ne plus voir ces 4 femmes, cette brunette et ce gros macho. Un gentil Monsieur en costard gris m’a laissé sa place, j’ai pu écouté mon artiste préféré et l’homme du fond à même réussi à me faire rire.

Ces 4 temps rythmeront tous les matins ma vie mais pour une fois je me suis sentie comme tous les soirs, libre de m’arrêter à un point C, D voir E même si cette course se termine toujours au point B.

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